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Départementalisation

Décolonisation

Racisme dans les Départements d’Outre-Mer

Fusillade du Lamentin en 1961

Emeutes de Basse-Terre en mars 1967

Massacre de Pointe-à-Pitre en mai 1967

Grande grève de 1975 en Guadeloupe

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mot

En Octobre : Mai 1967

1) Un Chercheur invité : Jean Pierre Sainton, Professeur d’Université en Histoire Contemporaine à l’Université des Antilles  

Titre : Quelle histoire pour les Antilles et la Caraïbe ?

2) Les Thèmes clés

  • Introduction à l’histoire du nationalisme guadeloupéen
  • L’impact du massacre de Mai 1967 à Pointe-à-Pitre
  • Bilan, enjeux et perspectives de l’histoire antillaise et caribéenne

3) Plan des vidéos

I) Le Cheminement d’un grand historien

1-1 Une enfance entre deux îles Voir en accès libre

1-2 Un moment déterminant : Mé 67

1-3 La génération des années 70

1-4 De l’histoire militante à la recherche universitaire


II) Où en est notre histoire ?

2-1 Son apport à l’histoire des Petites Antilles

2-2 Un bilan sur l’histoire de la Caraïbe

2-3 Notre histoire, ses enjeux, ses perspectives

Conclusion

Une histoire riche encore en développement


4) Les Repères historiques

Extraits

Repère 1 – 15 Octobre 1960

L’ordonnance relative à la mutation d’office des fonctionnaires

« L’ordonnance du 15 octobre relative à la mutation d’office des fonctionnaires est l’une des mesures les plus arbitraires prises sous la présidence de Charles De Gaulle. L’objectif est de stopper l’implication des fonctionnaires communistes dans « l’agitation » politique (…). Dès le début de la départementalisation, les fonctionnaires martiniquais et guadeloupéens font partie des acteurs les plus engagés dans la lutte pour un véritable changement social profitable à la masse face à la pauvreté ambiante et aux importantes inégalités… »


Repère 2 – 24 Mars 1961

La fusillade du Lamentin

« Tout commence comme à l’accoutumée en février, à la fin du mois, quand l’UD-CGT précise les revendications : 187,50 frs pour les coupeurs alors qu’ils sont payés selon le SMIG des Antilles (voir le Rep. 7 dans « Pour une socio-histoire ») à un taux horaire de 136,75 frs. (…). Très vite, les centres les plus touchés par la grève sont les usines du Lareinty et de Soudon, au Lamentin, bastion communiste de l’île. (…) c’est ici qu’intervient ce que les militants appelleront « la provocation de Roger Aubéry ».

Dans l’après-midi du 24 mars 1961, le Béké administrateur des propriétés du Lareinty, circule en Jeep au plus près des manifestants avec semble-t-il un comportement très dédaigneux. Il s’en suit une altercation brutale avec des grévistes, ce qui l’amène à se réfugier dans une maison voisine très vite encerclée par la population (…). Alors que la nuit est tombée, la population reste sur ses positions. Devant cette détermination, pour maintenir l’ordre, vers 21 heures, le commissaire Baste de la police du Lamentin demande une réquisition spéciale au lieutenant qui commande la gendarmerie de la localité… »


Repère 3 – 22 Avril 1961

La création du FAGA (Front des Antillais et des Guyanais pour l’Autonomie)

« Le 22 et le 23 avril 1961, se tient à Paris un congrès antillo-guyanais principalement initié par l’avocat Marcel Manville, l’écrivain Edouard Glissant et l’administrateur Albert Béville aussi connu sous son nom d’écrivain Paul Niger. (…). Ce congrès se situe dans la continuité de l’émotion vive suscitée auprès des intellectuels et étudiants antillais par les émeutes de décembre 1959 en Martinique, une émotion ravivée par la tuerie du Lamentin le mois précédent… »


Repère 4 – 23 Juin 1963

La création du GONG (Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe)

« Dans le prolongement de la dissolution du FAGA, le 23 juin 1963 à Paris, une soixante de jeunes Guadeloupéens, majoritairement étudiants, se regroupent pour créer le Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (…). La création du GONG en juin 1963 constitue nettement le franchissement d’une étape dans la lutte pour l’autodétermination. Nous sommes quatre ans avant les événements de 1967… »


Repère 5 – 20 Mars 1967

Le début des émeutes urbaines de Basse-Terre

« Du 20 mars au 22 mars 1967, la ville de Basse-Terre, chef-lieu de la Guadeloupe s’embrase sous les feux d’une jeunesse en colère. Elle dénonce le racisme virulent dont elle est victime et l’impossibilité de trouver la place qu’elle attend dans la société. Cette jeunesse demande du travail sans avoir à émigrer vers la métropole, dans un contexte politique qui a vu l’émergence depuis quelques années des revendications autonomistes et nationalistes… »


Repère 6 – 26 Mai 1967

Le début des journées sanglantes de Mé 67

« Le point de départ de ces événements se situe entre une grève des ouvriers du bâtiment qui éclate le 24 mai et l’attitude du préfet Bolotte qui attend depuis les journées du 20 et du 21 mars 1967 (voir Rep. 5) de nouveaux affrontements entre la population guadeloupéenne et les forces de l’ordre. Le 26 mai 1967, une séance de négociations est prévue entre les représentants syndicaux et patronaux en fin de matinée pour trouver une issue favorable au conflit social. (…).

Dès le 26 mai au matin, des incidents violents éclatent sur un chantier entre des ouvriers grévistes et des forces de l’ordre qui tirent en faisant plusieurs blessés. Mais c’est la négociation ratée entre syndicats et patronat qui va faire basculer la ville de Pointe-à-Pitre dans des affrontements d’une extrême violence. En début d’après-midi, (…) »


Repère 7 – Février 1975

La grève générale dans la canne en Guadeloupe

« La grande grève générale de 1975 dans l’industrie sucrière en Guadeloupe est un mouvement de contestation des ouvriers agricoles, colons partiaires et petits planteurs guadeloupéens qui débute au début du mois de février. Ce mouvement social témoigne du maintien de l’intensité des inégalités sociales et des tensions dans les Antilles françaises à la fin du XXe siècle et montre les continuités coloniales… »


Repère 8 – 1er Décembre 1978

La création de l’UPLG (l’Union Populaire pour la Libération de la Guadeloupe)

« Le 1er décembre 1978, un défilé organisé à Pointe-à-Pitre vient arborer de nouvelles couleurs dans la vie politique guadeloupéenne en présentant un nouveau drapeau. Il est rouge avec des bandes vertes, de petites bandes blanches et une étoile jaune rayonnante. L’UPLG vient tout juste de naître. Cette organisation deviendra un des acteurs déterminants sur la scène politique des années 1980… »



En septembre : départementalisation, racisme

1) La Conférence : Maël Lavenaire, Chercheur associé à l’Université des Antilles

Titre : Pour une socio-histoire de la Guadeloupe et de la Martinique

Cette conférence vous permettra :

  • De découvrir la recherche du socio-historien.
  • De comprendre les lenteurs de l’application des lois sociales et le problème de la discrimination raciale dans les départements d’outre- mer.

2) Les Thèmes clés

  • Histoire de la départementalisation
  • Histoire du racisme dans les départements d’outre-mer

3) Plan des vidéos

I) Une recherche originale

1-1 Faire de la socio-histoire

1-2 L’étude du changement social dans les Antilles françaises

1-3 Une méthode

II) Les méandres de la politique sociale dans les DOM au début de la départementalisation

2-1 Le problème du racisme culturel chez les inspecteurs généraux de l’Agriculture Voir en accès libre

2-2 Son impact au sein des gouvernements de la Quatrième République

2-3 L’élite coloniale détruit la Sécurité Sociale attendue dans les DOM

Conclusion

L’importance de la rigueur historique Voir en accès libre


4) Les Repères historiques

Extraits

Repère 1 – 5 Juillet 1943

La capitulation de l’Amiral Robert et la Libération aux Antilles

« Pour s’assurer le contrôle des Antilles, le maréchal parvient à rallier à son régime de dictature, l’Amiral Robert, (…). L’enjeu est important car l’Amiral Robert tient en sa possession une partie du trésor de la Banque de France, 286 kilos d’or conservés au Fort Desaix, à Fort-de-France. (…). Cependant la politique que mène Georges Robert, entre 1939 et 1943, se caractérise par un racisme institutionnel. Sa pensée négrophobe s’exprime à travers son discours et les exactions qu’il laisse commettre par certains militaires de la Marine contre la population… »


Repère 2 – 19 Mars 1946

La loi d’assimilation de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion en départements français

« Le 12 mars 1946, la question de l’assimilation des « vieilles colonies » en départements est ainsi discutée en séance plénière (…) en laissant la parole au rapporteur de la Commission des Territoires d’Outre-Mer, le dénommé Aimé Césaire, député communiste martiniquais qui vient tout juste de démarrer sa carrière politique. (…) ce brillant orateur n’est pas pour autant assimilationniste… »


Repère 3 – 1947

La naissance du concept de « départements d’outre-mer »

«  Lors du débat parlementaire aboutissant à la loi du 19 mars 1946, Marius Moutet ministre de la France d’Outre-Mer avait déjà relevé les difficultés que causerait la mise en place d’une nouvelle administration, pour répondre au principe de l’assimilation, tel qu’il était attendu par la classe politique antillaise… »


Repère 4 – 1947 / 1958

La Quatrième République française

« Le gouvernement Ramadier, dans lequel se trouve Marius Moutet en mars 1947, s’inscrit dans le régime de la Quatrième République institué par l’Assemblée nationale constituante à la fin de l’année 1946. (…). En 1947, l’idée est d’éviter tout régime de pouvoir personnel après la dictature de Vichy imposée par le maréchal Pétain… »


Repère 5 – 30 Mars 1948

L’application de la loi d’assimilation du 19 mars 1946

« Sous la direction du ministère des Finances et des Affaires économiques de René Mayer, le 30 mars 1948, la fiscalité métropolitaine est étendue aux départements d’outre-mer sans transition par une longue série de quarante et un décrets. Sur le plan social, on observe seulement quatre décrets. (…). En mars 1948, l’application intégrale et brutale de la législation fiscale métropolitaine (…) provoque de vives protestations dans les divers courants d’opinion, particulièrement dans la presse conservatrice catholique proche des milieux békés en Martinique. En contrepartie… »


Repère 6 – 1951

L’application de la Sécurité Sociale avance à petits pas

« La première mesure prise en application de la Sécurité Sociale dans les départements d’outre-mer figure parmi les premières mesures départementales du 30 mars 1948. Nous l’avons vu il s’agit de l’allocation versée aux vieux travailleurs salariés (…). Cependant, ce n’est qu’à partir de la loi du 26 septembre 1951, trois ans après, que le Parlement accorde aux vieux travailleurs des DOM, le taux d’allocation en vigueur dans l’Hexagone… »


Repère 7 – 1er Mars 1951

La première application d’un salaire minimum en Guadeloupe, Martinique et Guyane

« le 3 février, Christian Laigret deuxième préfet de l’histoire de la Martinique, envoie un télégramme au ministre de l’Intérieur. Il signale une sérieuse agitation sociale et craint énormément la grève générale des travailleurs agricoles envisagée le 5 février. Pour répondre aux revendications et éteindre le feu, il demande à son supérieur hiérarchique et au reste du gouvernement, l’application immédiate du SMIG dans les Antilles. En dépit du caractère urgent de la demande, il faut attendre le 21 février pour que le ministre du Travail Paul Bacon propose en conseil des ministres son projet de décret pour l’extension du SMIG dans les DOM. Après de nouvelles tergiversations, … »


Repère 8 – 20 août 1952

Le décret relatif à la variation du salaire minimum en fonction du coût de la vie dans les DOM

« Il est vrai, depuis la grève générale guadeloupéenne de 1948, une pratique s’est instituée au niveau gouvernemental : la détermination du salaire dans les DOM en appliquant une réduction de 12% sur le salaire de la zone parisienne. (…). En décembre 1951, le député socialiste propose alors au Parlement d’établir une loi pour que le SMIG soit déterminé dans les DOM mais aussi dans tous les départements français en fonction des variations du coût de la vie. (…). C’est le décret du 20 août 1952. Mais en réalité… »


Repère 9 – 1954

La discussion du projet de loi sur l’extension des assurances sociales aux départements d’outre-mer

« En 1953, l’extension intégrale de la Sécurité Sociale, c’est-à-dire l’ensemble des avantages sociaux dont bénéficient les assurés dans l’Hexagone, n’est toujours pas réglée. Elle est attendue par toute la classe politique et toutes les centrales syndicales depuis les premiers décrets d’application de mars 1948. Les députés antillais remettent donc la question à l’ordre du jour sur l’agenda de l’Assemblée nationale. Le 11 février 1954… »


Repère 10 – 1960

La mise en œuvre d’une nouvelle culture politique départementale pour les DOM

« Les émeutes de décembre 1959 à Fort-de-France en Martinique ont un retentissement au plus haut niveau du pouvoir central. Elles jouent un rôle de détonateur en accélérant la mise en place d’un nouveau type de politique sociale. (…). Elle doit s’opposer à la présence de plus en plus ressentie des idéologies autonomistes et nationalistes. (…). Cette politique repose sur trois axes fondamentaux : la diffusion d’une propagande officielle (…) ; l’investissement massif de nouveaux capitaux (…) ; la répression politique, administrative et judiciaire, souvent en sous-main, de tous les… »