Parcours de chercheur

Docteur Maël Lavenaire à l’Université des Antilles, Campus de Camp Jacob à Saint-Claude

Vous trouverez ici quelques éléments de présentation sur mon parcours.

Le champ de recherche que je développe depuis ma thèse (dirigée par le Professeur Jean-Pierre Sainton) est celui d’une socio-histoire du changement social dans les sociétés post-esclavagistes de la Caraïbe du XIXe au XXIe siècle. C’est un nouveau champ de recherche qui ouvre notamment comme perspective au plan international, l’apport de la socio-histoire à la question de la Réparation dans ces sociétés.


Ma thèse

Décolonisation et changement social aux Antilles françaises. De l’assimilation à la « Départementalisation » ; socio-histoire d’une construction paradoxale (1946-1961)

Disponible en ligne avec le lien suivant

Autour d’une approche épistémologique novatrice en histoire sociale, cette étude s’appuie sur l’apport de la transdisciplinarité avec l’association entre d’un côté des sources d’archives classiques inexploitées et des sources orales, et de l’autre, l’utilisation de concepts empruntés à la sociologie générale, la sociologie des mouvements sociaux, la sociologie de l’action publique, la psychologie sociale et les sciences politiques.

En liant la question de la décolonisation à celle du changement social dans les Antilles françaises après la Seconde Guerre mondiale, l’objectif a été de comprendre très finement la construction et l’émergence d’une transformation sociale brutale qui se caractérise par la mise en place d’une nouvelle organisation socio-économique sans que ne soit bouleversée et remise en question la vieille hiérarchie coloniale solidement établie depuis le XVIIe siècle.

En effet, il s’agit de comprendre comment le passage entre une société de plantation et une société de consommation se caractérise notamment par le maintien de frustrations sociales directement héritées de l’ancien ordre esclavagiste lesquelles seront explicitement exprimées au cours du mouvement social de 2009.

Cette étude, par l’exemple des Antilles françaises, met ainsi en lumière la complexité de la problématique du « progrès social » et des dynamiques de changement social dans les sociétés coloniales post-esclavagistes de la Caraïbe. Elle constitue la genèse d’un nouveau champ de recherche international et porteur appelant à renouveler l’approche de la décolonisation et celle du développement, en les resituant dans une continuité socio-économique qui nécessite de remonter structurellement aux ruptures manquées par les abolitions de l’esclavage au XIXe siècle.


Mon parcours

Docteur en Histoire contemporaine, diplômé de l’Université des Antilles en 2017, j’ai effectué l’ensemble de mon parcours universitaire au sein de notre université avec cette ferme idée, à partir du Master, de montrer que l’on peut très bien être formé chez nous et effectué un travail de recherche de qualité sur nos territoires, sans avoir à rechercher absolument le label d’universités, certes plus renommées, mais pas du tout spécialistes de nos sujets de recherche.

Je crois énormément en la valorisation de ce que l’on peut produire sur place et par nous-même et j’ai bénéficié à l’Université des Antilles de l’encadrement d’enseignants de grande qualité qui sont par la suite devenus eux-mêmes mes collègues pour certains. En effet, j’ai eu l’opportunité d’y enseigner l’histoire contemporaine pendant quatre années, en Guadeloupe puis en Martinique, alors que j’achevais ma thèse de doctorat.

Puis, mon parcours de thèse a été salué dès 2018 par l’obtention de ma qualification auprès du Conseil National Universitaire (CNU) en section 22. Après la thèse, il s’agit d’une qualification indispensable pour prétendre à exercer en France au poste de maître de conférences dans l’enseignement supérieur.

Le public averti me connait également pour les quelques conférences que j’ai présentées à partir de 2018 en présentant ma recherche en socio-histoire.

Au Département Pluridisciplinaire des Lettres et Sciences Humaines du campus de Camp Jacob,  » La Guadeloupe : un département d’outre-mer, pourquoi, quand et comment ? « .

Il y a notamment  » L’histoire de la majoration des 40% des fonctionnaires dans les DOM « , une conférence que vous pourrez retrouver actualisée dès le lancement de notre application. Cette conférence a été présentée à la Bibliothèque Universitaire du campus de Schoelcher en Martinique et avec la Médiathèque Caraïbes (LAMECA) en Guadeloupe.

De même, à la Bibliothèque Universitaire du campus de Fouillole, la conférence  » Les migrations antillaises : BUMIDOM des circonstances aux conséquences « , en collaboration avec l’auteure de BD Jessica Oublié et le Professeur d’histoire contemporaine Jacques Dumont.

Il y a eu aussi ma participation à l’université populaire du Festival Eritaj à Petit-Canal en Guadeloupe dans le cadre de la commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Aujourd’hui, chef d’entreprise dans le cadre de ce projet culturel qui me tient à cœur depuis mes premières années d’études (transmettre le savoir universitaire en histoire au plus grand nombre), je suis enseignant dans le second degré et chercheur associé au laboratoire AIHP-GEODE de l’Université des Antilles dans lequel je participe à deux programmes de recherche.

Le premier est un programme de recherche international. Le projet Acteurs, Images et Pensées en Réseaux entre Europe et Caraïbes (1920-1946), lauréat 2018 de l’appel à projet FMSH « Monde(s) en Mutation, Histoire savante, intellectuelle et artistique entre Europe et Mondes Ultra-marins ». Piloté par Christelle LOZERE (Maîtresse de conférences, Histoire de l’art, Université des Antilles), le projet est une mise en synergie de recherches pluridisciplinaires en histoire, en anthropologie et en histoire de l’art. Il a pour ambition de démontrer comment les réseaux tissés, interconnectés et continuellement en mouvement entre l’Europe et la Caraïbe ont impacté l’histoire coloniale, mais aussi l’histoire savante, littéraire et artistique européenne, caribéenne et au-delà. Outre ma participation et celle de sa manager, le projet réunit une équipe internationale de chercheurs faisant intervenir Dimitri BECHACQ (anthropologue CNRS-LC2S), Catherine BENOIT (anthropologue Connecticut College), Eric T. JENNINGS (historien Université de Toronto), et Clara PALMISTE (Maîtresse de conférences, Histoire contemporaine, Université des Antilles).

Le second est le programme de recherche REZO développé au sein du laboratoire. Sous la direction de Jean-Pierre SAINTON (Professeur, Histoire contemporaine, Université des Antilles), le projet consiste, en collaboration avec Jean-Pierre DEDIEU (Professeur, Histoire moderne, CNRS) à la création d’une vaste base de données nominatives d’histoire sociale ayant vocation à intégrer tous les acteurs sociaux de Martinique, Guadeloupe du XVIIIe au XXe siècle, et au-delà même du territoire antillais, afin d’étudier les interactions sociales et les mises en réseau qui se sont opérées dans le tissu économique, social, culturel et politique.